A l’affiche

Samedi 25 février 20h30

Compagnie Oui Bizarre,

« Les quatre jumelles »

Copi/Isabelle Luccioni

Avec Séverine Astel, Cathy Froment, Jean-Yves Michaux et Thibaut Schoirfer

durée : 1 heure environ
Public adulte, Ados : à partir de 14 ans
Tarifs 12 €, 10 € pour les adhérents, 5 € pour les ados

Voilà une farce contemporaine aussi déjantée que fascinante. Deux paires de jumelles, les soeurs Smith, braqueuses internationales et junkies, et les soeurs Goldwashing, chercheuses d’or, se retrouvent dans un Alaska imaginaire sur fond d’argent caché et de planque en Suisse. Dans un enchaînement halluciné de situations dignes d’un polar ou des séries B, elles n’en finissent pas de brouiller les repères en jouant à se tuer et à renaître. Le jeu avec la mort n’est là que pour nous faire sentir bien vivants et pour dire une rage de vivre et de résister. Loin d’un folklore grandguignolesque et caricatural, Isabelle Luccioni s’empare de la fable de Copi pour lui rendre sa fragilité, son étrangeté. Y retrouver les rituels de l’enfance, cruels, insouciants et libres. Un éclat de rire salutaire dans notre époque sinistre dominée par la peur.

Lire Copi, c’est boire un alcool fort, cul sec, par jour de grand froid. Cela réchauffe d’un coup le corps et l’âme. Maria, Leila, Joséphine et Fougère, elles sont bien vivantes ! Elles crèvent d’énergie ! Elles s’amusent comme le font les enfants. Il n’y en a pas une pour « sauver l’autre » !

Que se cache-t-il derrière cette figure de la gémellité ? Il semblerait que les schémas et les modèles se reproduisent. Nous sommes tous doubles. Le double que nous avons en nous représente à la fois tout ce que l’on aime et tout ce que l’on déteste.
Comment parvenir à cohabiter avec soi, avec cet étranger qui est en nous ? Avec cette altérité qui nous échappe ?

La lecture de Copi donne naissance à une parole « résurrectionnelle » pour reprendre un des termes de Valère Novarina dans Le théâtre des paroles. Nous mourrons comme nous renaissons plusieurs fois par jour, selon ce que nous vivons, pensons et ressentons. Chaque jour est une bataille gagnée. Renaître à soi. Accepter l’Autre qui est en nous, qui est aussi le même. Se consoler de l’inconsolable. Toute fin est un commencement : « un rêve, c’est peut-être un rêve, je vais me réveiller… il faut continuer, je ne peux pas continuer, il faut continuer, je vais donc continuer, il faut dire des mots tant qu’il y en a, il faut les dire, jusqu’à ce qu’ils me trouvent, jusqu’à ce qu’ils me disent », Samuel Beckett, L’Innommable.

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